Devenu écrivain, François Maspero a régulièrement puisé son inspiration dans son propre passé. Mais si ses livres s’appuient sur son expérience de vie tout comme ceux de Jorge Semprun, il s’éloigne du mémorialiste pour se muer en véritable praticien de l’histoire. Mise en tension de deux approches du témoignage.
Les choix éditoriaux de François Maspero au sujet de « Mai 68 » mettent en lumière les contours d’une écriture qui accompagne les luttes en cours. Prolongeant la parole de ceux qui en sont les acteurs, ils éclairent tout à la fois la fabrique et la finalité d’une histoire populaire.
L’utilisation de ce qu’on appelle, de manière un peu vague, nouvelles technologies de l’information, change la manière de travailler. L’objectif ici est de regarder ces changement dans le secteur du nettoyage, du point de vue des travailleurs, à partir du savoir que les travailleurs ont produit sur ces changements, dans l’objectif de contribuer à accroître l’emprise des travailleurs.
L’anthropocène est une notion relativement récente. Le terme lui-même est issu d’une question scientifique plutôt marginale. Dans les années 1995, un scientifique, le chimiste hollandais Paul Josef Crutzen propose d’ajouter dans le classement géologique une nouvelle période, la période de l’humain (anthropos). Dans le domaine de la géologie on classe en effet les différentes strates terrestres par ères. Les ères sont divisées chacune en plusieurs périodes à leur tour divisées en « âges ». Par exemple l’ère Mésozoïque entre 252,2 et -66,0 millions − d’années, comprend trois périodes : Trias, Jurassique et Crétacé… c’est dans cette ère, caractérisée par une très forte activité volcanique, qu’a lieu la séparation des continents. Tout ceci peut paraître extrêmement éloigné d’un travail social de terrain, et pourtant...
Pendant une année nous avons travaillé avec cette notion dans notre atelier de pensée collective. Ce qui suit ne constitue pourtant pas un aboutissement, ni encore moins un résumé. Plutôt une tentative d’utiliser ce qui a été travaillé. Deux choix alors pour ce texte : d’une part commencer par une partie « pratique » comment ceci pourrait nous servir à quelque chose. Deuxièmement garder la forme d’un certain nombre de réflexions hétérogènes, qui ne s’emboîtent pas dans un raisonnement linéaire, simplement parce que c’est de cette manière que nous pensons.
Je suis employé au Collectif Formation Société asbl (CFS) depuis quelques mois et la prise en charge de la formation FREP est en préparation. Ainsi, je souhaite porter un regard sur cette formation via cette analyse afin de la découvrir. Ce texte, d’une part, fera partie d’une matière première au CFS pour nos réflexions collectives dans un processus d’éducation populaire au sens de nous auto-déterminer face à nos missions, nos problématiques et nos gestes. D’autre part, il sera une contribution supplémentaire pour ouvrir nos portes afin d’accueillir les regards et alimenter les débats qui nous traversent comme beaucoup d’autres structures, du point de vue de la formation des adultes en général et de l’éducation populaire en particulier.
Si nous sommes convaincus de la richesse potentielle des savoirs d’expérience, l’expression des personnes concernées est souvent limitée à leur témoignage, à ce qu’ils disent, à leur parole. Cette dernière est trop souvent utilisée par les journalistes et les sociologues, pour démontrer et illustrer leurs propres thèses. Si l’expression des personnes concernées fait l’objet d’une écoute, d’une analyse, cette expression est souvent limitée, voire réduite à la mise en scène d’un pseudo démocratie participative.
Qu’est ce qui constitue véritablement un savoir ? Parler de savoirs dans une discussion commune renvoie immanquablement aux savoirs légitimes et scientifiques produits par la sphère académique. Mais qu’en est-il alors des savoirs de tout un chacun, directement tirés de l’expérience ? Sommes-nous condamner à considérer qu’au-delà de l’intellectuel ou de l’artiste, nous sommes tous des idiots culturels ?...
Le soutien à la reprise d’études a été une des activités centrales du Collectif Formation Société depuis sa création. Dans ce texte, nous retraçons de manière critique les étapes du dispositif de préparation à la reprise d’études qui a été mis en place de janvier à juin 2017, à travers une expérimentation d’écriture « par » les premiers concernés.
Sans prétendre à la nouveauté il faudrait peut-être commencer par poser les différents problèmes qui justifient la nécessité d’une éducation populaire aux médias. Pour ne pas tomber dans la routine, nous prendrons néanmoins une situation un peu éloignée des exemples classiques sur les médias. Habituellement les médias sont représentés par les journaux écrits, la radio, la télévision ou plus récemment par des réseaux sociaux, on y reviendra. Mais le problème est plus large, d’une manière générale toute médiation pose des problèmes. Or chaque fois qu’un intermédiaire traduit des informations qui nous concernent, ou traduit ce qui nous concerne en informations, il y a une médiatisation. Bref, la question n’est pas nouvelle, elle ne date pas du XIXème siècle.