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Guillermo KOZLOWSKI

Sortir de la normale

Des textes il y en a beaucoup, de toutes sortes, difficile de voir des traits communs à tout ce qui est écrit, si ce n’est peut-être la longueur. Longueur nécessaire parfois, parce que beaucoup de choses changent, et qu’il devient important de faire un peu le tour, de tout réinterpréter. Mais aussi une longueur qui parfois ressemble un peu à la logorrhée d’une crise de panique, répéter tout ce qu’on entend sans pouvoir s’arrêter ni comprendre ce qui arrive. D’où notre choix ici de tenter quelque chose de plus simple, plus austère, et plus court. D’où cette analyse en trois points qui pourrait nous aider à nous orienter dans ce flot de textes, d’images, d’émotions, de paroles, mais à chacun de faire à sa manière.

Analyse visible également sur le blog : http://sortirdelanormale.hautetfort.com

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Éducation populaire et sens commun

Un peu partout il est question du savoir des gens, de ce que l’éducation populaire pourrait en faire. Cette analyse n’a qu’une ambition limitée, poser le problème d’une manière un peu différente,en le reliant au sens commun, cela peut être utile dans la pratique.Dans la situation actuelle, où il est demandé à tout le monde d’obéir aux experts, où le discours officiel est qu’être responsable signifie accepter ne rien savoir d’utile, la question est peut-être encore plus importante, ou du moins plus visible.

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Raconter des histoires…

Peut-être qu’il s’agit d’aider les pauvres à être pris au sérieux, en purgeant leurs discours des fictions contre-productives pour leurs intérêts… Mais on peut aussi formuler l’hypothèse contraire : dans un certain mode de pouvoir, les histoires, les fictions, sont une affaire trop sérieuse, il est important de les maîtriser, pour maîtriser les gens. C’est cette hypothèse qu’on tentera de développer ici à partir d’un texte classique : les Contes de Perrault. Dans ce livre emblématique par la portée qu’il a eue et qu’il continue à avoir – car ces histoires, nous les connaissons tous – il est question de s’approprier du commun, en écrivant des histoires qui, jusque-là, étaient racontées oralement. Rien de définitif dans notre travail, le soupçon qu’il y a quelque chose à prendre en compte. Car, si la question n’est pas neuve, elle prend aujourd’hui une importance singulière étant donné le nombre de dispositifs destinés à profiler les clients, les usagers, les citoyens, et l’importance que ces dispositifs ont acquise.

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Déterminisme social et intelligence artificielle

Le déterminisme social est un concept assez encombré de définitions peu satisfaisantes, d’images, d’opinions, de ressentis, de résultats d’enquêtes sociologiques plus ou moins pertinentes… et c’est peut-être ce qui en fait l’intérêt ici. C’est un concept flou mais, du point de vue de l’éducation populaire, dont le travail est notamment de se confronter à ces connaissances diffuses, il est un point de départ, une problématique pertinente. C’est à partir de cette problématique que nous tenterons d’appréhender les changements produits par l’intelligence artificielle lorsqu’elle s’applique au social.

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Le travail social et les femmes

En lisant un livre remarquable sur l’histoire du travail social (La police des familles de Jacques Donzelot), nous avons été interpellés par quelques éléments sur la place attribuée aux femmes dans le travail social naissant. Dans ce texte, on exposera quelques éléments de ce discours, qui font écho à beaucoup de pratiques encore d’actualité. Nous nous proposons de les investiguer dans la suite de notre travail, dont ce texte représente la première étape.

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Complexité populaire

Le monde va collapser, tout mène au collapse et, en retour, le collapse explique tout, voici le dernier avatar d’une certaine manière de faire de l’éducation populaire par simplification. Nous prendrons cet exemple pour tenter de développer une autre manière d’appréhender le monde. Comprendre avec quel mode de savoir on arrive à ce genre de simplification, et surtout passer longuement en revue les autres modes de savoir, ceux qui sont délégitimés, dévalorisés, en gardant toujours comme préoccupation centrale l’action possible.

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La belle âme nettoie avec les yeux

Penser l’action sans s’éloigner de l’action… Éviter la coupure entre action et pensée : le moment où on croit savoir ce qui est bien sans pouvoir agir, ou son frère jumeau, le moment où on s’agite sans savoir ce qu’on fait. Éviter encore plus un dispositif de pouvoir où quelqu’un conçoit l’action et un autre l’exécute. Nous regarderons deux exemples, en apparence assez éloignés : le concept de « Belle âme » fabriqué par Hegel et celui de « Nettoyer avec les yeux » fabriqué par des travailleuses du nettoyage. Ils ont en commun le fait de ne pas céder à cette coupure entre action et pensée, et du coup d’éviter l’impuissance qui s’ensuit, on verra comment. La tension entre ces deux concepts est peut-être aussi une manière de rencontre possible, sans hiérarchie.

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Pratiques d’enquête

Nous assistons, ces derniers temps, à une salutaire redécouverte de l’enquête populaire qui cherche à faire émerger la parole des personnes qui partagent un même vécu d’oppression. Cela, avec le but de construire un certain type de savoir qui puisse être employé comme force politique. Cette étude se propose d’aborder trois manières de faire enquête dans une perspective populaire, trois expériences tirées de contextes différents mais qui ont en commun d’avoir été pionnières dans les domaines qu’elles se proposaient d’explorer, ne fût-ce que par leur façon originale de rendre visible les intérêts populaires.

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Le savoir des racistes

Le rapport à l’autre, connaître l’autre (ou l’Autre), en avoir peur, etc., sont des questions récurrentes dans nos contrées. Les mots pour le dire ne manquent pas : cohésion sociale, lien social, vivre ensemble, multiculturalité, bref, il y a de quoi rendre heureux un éditeur de dictionnaires de synonymes. Néanmoins il y a un mot qui est en général soigneusement évité : « orientalisme » ; il s’agit d’un terme beaucoup moins employé dans ce questionnement, alors qu’il est probablement l’une des matrices du problème. C’est un terme qui s’applique au « nous » de l’Occident, et non à l’autre…

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Questionner les pauvres

Recueillir l’avis des autres est devenu une pratique courante, souvent présenté comme une démarche innovatrice, démocratique, participative. Il y a pourtant une histoire de cette volonté de comprendre l’autre, de se mettre à sa place. Une histoire, forgée dans la colonisation et dans la volonté de domestiquer les pauvres des villes, qui aide peut-être à comprendre un peu ce dont il est question. Regarder ce qu’on nous veut, et surtout être moins passif, dans un monde où il faut se raconter.

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