D’une certaine façon les chefs ont toujours un discours sur l’avenir, même lorsque leur pouvoir est très limité.
Dans les années 70, l’anthropologue Pierre Clastres, étudiait le rôle des chefs dans certaines tribus amérindiennes où : « ceux que l’on nomme les leaders sont démunis de tout pouvoir, la chefferie s’institue à l’extérieur de l’exercice du pouvoir politique ». Le discours du chef dans ces sociétés, qui est en quelque sorte le discours minimal du chef, est celui-ci : « nos aïeux se trouvèrent bien de vivre comme ils vivaient ; suivons leur exemple et, de cette manière, nous mènerons ensemble une existence paisible ».
Dans des régimes plus autoritaires, le problème se pose autrement, mais là où le consensus, la concertation, la participation, l’écoute... sont omniprésents, bref là où l’on privilégie la parole, tout peut être dit, proposé, critiqué, débattu… mais il semblerait aussi, en fin de compte, que tout prenne une forme néolibérale. On peut multiplier les exemples, au-delà de la simple nostalgie et de la sensation discutable que « c’était mieux avant… » ; il semblerait de plus en plus souvent, et de plus en plus rapidement, que des pratiques, des propositions en tout genre, soient renversées, se retournent facilement pour devenir des outils du pouvoir.
Le travail social a désormais un objectif et un seul ; l’avancée de cet objectif date des années 1980, mais il s’est consolidé et devenu universel à partir des années 1990 : mettre les gens au travail. Pour y arriver, toujours la même approche : rendre employable. C’est la seule façon « sérieuse » de s’occuper de la société.
Le cinéma a créé plusieurs figures de fou, qui nous amènent dans différents modes de délire, différentes manières de se mettre à délirer notre époque. Nous proposons ici de regarder le monde du point de vue de trois de ces figures : celle du génie du mal, celle du fou prophète capable de voir la réalité derrière les apparences, celle du fou marginal.
Ce texte est un simple clin d’œil, la lecture du texte de Marx a généré quelques images chez le lecteur. Mais peut-être que ces images actuelles, provoquées par un texte aussi ancien, ne sont pas sans intérêt. Il ne s’agit pas d’affirmer que : « Marx l’avais déjà dit... » avec un air d’autorité. Mais de regarder d’un œil un peu critique certains personnages persistants dans le travail social.
Dans le domaine social, les axes dominants de travail sont : la cohésion sociale, l’intégration, l’inclusion, l’autonomisation, la responsabilisation. Marx ne cessait de critiquer ces démarches qui « ne voient dans la misère que la misère, sans y voir le côté révolutionnaire, subversif, qui renversera l’ordre ancien ».
La lutte des classes est un concept mille fois cité. On le rattache toujours à Marx, bien qu’on n’en donne finalement souvent une lecture affaiblie et déformée. Que signifie ce concept ? Comment et dans quelle mesure peut-il nous être utile aujourd’hui ?
Est-ce que la philosophie apporte des questions aux problèmes de l’éducation populaire ? Et tout d’abord, quels sont les problèmes de l’éducation populaire ? Après les meurtres de Charlie Hebdo, cette question méritait une discution plus approfondie.
La télévision est… elle est ce qu’elle est. Et les conséquences de la télévision telle qu’elle est sont ce qu’elles sont. Tout cela a déjà été assez abordé pour que chacun ait son point de vue. On m’a posé une autre question : quelle télévision alors ? Je ne sais pas ce que doit être la télévision, et si elle disparaissait ce ne serait pas forcément un problème.
La cellule et l’artefact représentent deux paradigmes différents. Dans le travail social, on les retrouve tous les deux. La première correspond à une vision plus classique du travail social tel qu’il se développe dans le courant du XIXème siècle. La deuxième correspond au travail social tel qu’il se met en place dans les 1990-2000, en Belgique on a appelé ce tournant « État social actif ». Présenter ces modèles de manière un peu théorique est une façon de prendre une distance critique, à condition de confronter ces analyses critiques théoriques à la réalité du terrain. La théorie seule, ou la théorie abordée comme une forme supérieure de savoir est problématique, mais abandonner la théorie l’est tout autant, parce que dans ce cas on suit aveuglement des paradigmes (des modèles) dont on ne fait pas la critique.