En Belgique francophone, de plus en plus d’adultes, dont une part importante de travailleurs peu « qualifiés », s’inscrivent dans des démarches de reprises d’études. Jusqu’au milieu des années 2000, les conditions d’accès à l’enseignement supérieur se sont avérées un frein pour la plupart d’entre eux : ne possédant pas le diplôme du secondaire supérieur (CESS) , « sésame » pour entreprendre la grande majorité des études supérieures universitaires ou non universitaires , ils auraient dû suivre des cursus de plus de 5 à 6 ans jalonnés d’examens de sélection ou passer les épreuves de jurys centraux dont le taux d’échec étaient particulièrement élevés, perspective amenant les potentiels candidats à la reprise d’études à renoncer a priori à leur projet. Ceux d’entre eux qui, malgré tout se lançaient dans la démarche, étaient en majorité confrontés à l’échec face à l’impraticabilité des épreuves.
Le travail social a désormais un objectif et un seul ; l’avancée de cet objectif date des années 1980, mais il s’est consolidé et devenu universel à partir des années 1990 : mettre les gens au travail. Pour y arriver, toujours la même approche : rendre employable. C’est la seule façon « sérieuse » de s’occuper de la société.
Comment conduire une recherche en éducation populaire/éducation permanente ? La construction de la question initiale. C’était la question initiale, conçue comme une (relative) inconnue à travailler en séminaire, de manière coopérative, à travers le dispositif de la F.R.E.P., porté par le Collectif Formation Société.
Est-ce que la philosophie apporte des questions aux problèmes de l’éducation populaire ? Et tout d’abord, quels sont les problèmes de l’éducation populaire ? Après les meurtres de Charlie Hebdo, cette question méritait une discution plus approfondie.
Après notre intervention, le CFS nous a demandé de présenter notre positionnement sur les enjeux de « neutralité/objectivité/engagement ». S’inscrire dans un travail de production de savoir et/ou scientifique dans une société structurée par les dominations suppose une lucidité humble sur les déterminants sociaux du savoir produit. La science est une construction sociale non indépendante des propriétés sociales des chercheur-euses et leurs « idées scientifiques sont en partie façonnées par l’idéologie dominante de leur époque » . La science et le savoir ne peuvent échapper à la question de leur contribution dans le maintien ou dans la remise en cause d’un ordre social inégalitaire.
L’auteur a été un fondateurs des dispositifs d’insertion socio-professionnelle à Bruxelles, en participant notamment à la création de la première « Mission locale pour l’insertion socio professionnelle des jeunes à Saint-Gilles en 1986 », puis en contribuant à l’organisation du secteur au niveau régional, comme Délégué à l’insertion de 1990 à 1995.
Dans le cadre de cette analyse, nous nous sommes intéressés en particulier à la fonction de formatrice en alphabétisation du secteur associatif en éducation permanente. Nous avions fait le constat qu’un grand nombre de formatrices en alphabétisation étaient issues de l’immigration. Afin de mener au mieux cette analyse, nous avons réalisé des entretiens avec cinq formatrices en alphabétisation (de Lire et Ecrire Bruxelles) dans l’objectifs de comprendre les motivations de leur engagement dans cette fonction, en lien avec leur trajectoire biographique. Il s’est agi également de voir si ces motivations comportaient des enjeux identitaires et existentiels, ainsi que leur niveau d’impact.
Aujourd’hui, on multiplie les démarches de « recherche action », « d’action recherche », de sociologie d’intervention, d’enquêtes de terrain, de groupes en situation, de recherche participative ou en coconstruction, de concertation, etc. Tous ces travaux poursuivent le même objectif : faire parler les gens d’eux-mêmes, de leur réalité.
Pour trouver l’utilité de la philosophie dans l’éducation populaire, un chemin possible est de définir « utilité », puis « philosophie », puis « éducation », puis « populaire », et de bâtir une sorte de définition générale de « la philosophie dans l’éducation populaire ». Le problème cette démarche est de choisir une définition pour chaque mot, ou alors d’en discuter quelques-unes : on perd vite pied, on passe à quelque chose de très abstrait...
Réflexion sur le conflit comme opportunité pédagogique et condition à l’émancipation
Durant l’année 2012, le CFS asbl a initié et organisé un cycle long de formation au titre ambitieux : « Éducation populaire, émancipation et transformation sociale ». Il s’agissait de proposer un programme nous permettant, nous acteurs de l’éducation permanente, de réfléchir collectivement à nos conceptions de l’éducation permanente, d’analyser nos pratiques à l’aune des apports de spécialistes et praticiens… mais aussi et surtout de tordre le cou à un sentiment qui nous envahit trop souvent ces derniers temps...