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Travail et Migrations

Analyse Critique archives 2016
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Une superbe occasion de se former ! 15 militants associatifs et 15 délégués syndicaux travailleront ensemble pendant 3 jours !
En effet, le CFS, la FGTB de Bruxelles et l’Ecole syndicale de Bruxelles (CCB) vous invitent à trois journées de formation et à un forum consacrés aux politiques migratoires.


La question des migrations est d’une actualité brûlante : pas un jour ne passe sans une déclaration d’un chef d’état européen quant à l’importance d’une « limitation des migrations ». Parallèlement, l’embrasement d’une série de conflits et l’intensification du réchauffement climatique poussent, mécaniquement, un très grand nombre de candidat-e-s à l’asile vers l’Europe. L’impression que l’Europe serait confrontée à une « crise » de l’immigration a permis à de nombreux partis d’extrême-droite d’obtenir un soutien nouveau, partout dans l’Union. Or, ces partis sont aussi porteurs d’un programme de flexibilisation du travail, de déconstruction des mécanismes de solidarité sociale (chômage, sécurité sociale et aide sociales) et, plus encore, de lutte contre les syndicats.

Par ailleurs, le durcissement des règles d’asile et de régularisation a pour conséquence une multiplication du nombre de personnes sans-papiers, qui vivent dans une précarité sans cesse croissante. Ces femmes et ces hommes sans droits alimentent largement le marché du travail au noir, qui contribue à grever les finances de l’état et à fragiliser – par des effets de concurrence – les conditions de travail de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs.

Mais même lorsque les migrant-e-s sont détenteurs d’un visa permettant de travailler, une majorité d’entre eux ne connaissent pas les droits qu’ils peuvent faire valoir en tant que travailleurs. Très faiblement syndicalisé-e-s, elles et ils sont des proies de choix pour des employeurs peu scrupuleux du bien-être de leurs collaborateurs. Plus encore, les modifications récentes de législation relatives au chômage et à l’aide sociale – qui permettent de renvoyer un travailleur ou une travailleuse sans emploi vers son pays d’origine, y compris un pays européen, dès qu’elle ou il est considéré(e) comme une « charge déraisonnable » pour l’état – amènent à une bien plus grande dépendance par rapport à l’emploi et donc par rapport…à l’employeur . Pour une certaine frange du patronat, ce pouvoir inouï est une véritable aubaine, et on voit se multiplier les sociétés qui emploient des étrangères et des étrangers résidant légalement sur le territoire dans des conditions de travail qui, elles, ont tout d’illégales.

Par ailleurs, à l’intérieur de « l’Espace Schengen », de plus en plus de voix s’élèvent pour demander le rétablissement des « bonnes vieilles frontières ». Il est vrai que l’ouverture du « grand espace » européen a eu des influences néfastes pour les travailleuses et travailleurs de plusieurs pays d’Europe, confronté(e)s soudain à une concurrence effrénée et à un dumping social entre états qui a fragilisé le droit du travail et provoqué nombre de retours sur les acquis sociaux, notamment en Belgique.

Nous tenterons de répondre aux questions suivantes :

- Comment appréhender le phénomène migratoire ? Est-il raisonnable d’envisager la liberté de circulation ?
- Comment développer une politique d’asile et de régularisation solidaire et soutenable ?
- Comment développer une mobilité des travailleuses et travailleurs qui n’implique pas d’effets de concurrence entre pays européens ?
- Quelle politique d’accueil déployer ? Comment mieux informer les migrant-e-s de leurs droits en matière de travail ? Quels doivent être, dans ce cadre, les rôles du monde syndical et du monde associatif ?
- Comment mettre en lien les luttes des sans-papiers, l’action associative et les combats syndicaux ?

Au programme

Jour 1
- Migration et migrants : de quoi parle-t-on ?
- Définition des notions-clés
- Les tensions géopolitiques et les migrations
- Asiles et régularisations en Belgique

Jour 2
- L’Union européenne, la mobilité et le droit du travail
- Sans-papiers
- EURES
- La concurrence interrégionale et le dumping social

Jour 3
- Les politiques d’accueil et d’intégration
- Le développement de l’associatif immigré bruxellois
- Mise en place des BAPA : les enjeux

Objectifs

- Donner aux participants les outils d’analyse de la question des migrations et de ses effets par rapport à la société belge et, en particulier, par rapport au monde du travail.
- les amener à déployer des outils didactiques leur permettant d’informer et de former des tiers (travailleurs associatifs, délégués syndicaux, grand public) sur ces thématiques ;
- les amener à développer une analyse originale et critique de la question des migrations.

- Préparer les questions à traiter lors du Forum et (tenter d’) élaborer un projet de positionnement commun qui y sera, le cas échéant, exposé.

Intervenants

- Laurent D’Altoe, CEPAG
- Sihame Fattah, juriste, animatrice, formatrice, chercheuse à CFS
- Jojo Burnotte, CEPAG et témoignages
- Marco Cilento, European Trade Union Confederation (ETUC)
- Jean-Luc De Meulemeester, Professeur de sciences économiques à Solvay Brussels School (ULB)
- Philippe Vicari, historien, animateur, formateur, chercheur à CFS
- un intervenant du CIRE asbl

Infos pratiques

Quand ? 3 journées de formation : vendredi 18 novembre, jeudi 1er décembre et vendredi 2 décembre 2016 (de 8h30 à 16h00) + le forum en février 2017 (date à préciser)
Où ? à CFS asbl, Rue de la Victoire 26, 1060 Saint-Gilles
Prix ? 50 euros (pause café et repas de midi inclus)
Pour s’inscrire ? Remplir et renvoyer le bulletin d’inscription (Code : travail_migrations2016)

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