En partenariat avec Bruxelles panthères, nous vous invitons à la conférence gesticulée de Nadège de Vaulx, "J’aurais du m’appeler Aïcha " [ou l’identité française en question], 2019.
Un mois avant ma naissance, la mère de mon père décède.
La tradition veut que la première fille née après ce décès hérite du prénom de la défunte.
Ma grand-mère s’appelait Aïcha. Elle était Algérienne.
Pourtant, je m’appelle Nadège.
Trois quart Algérienne, un quart Française. Algérienne de sang, Française de sol. Pas tout à fait Française, pas vraiment Algérienne.

Pour les descendant·es d’Algérien·nes, il y a comme une zone grise : une histoire coloniale mise sous silence, une guerre faite « d’événements », des représentations racistes et des inégalités qui perdurent. Intégrée par l’école républicaine, bercée par le mythe national, j’ai joué le jeu de l’intégration. En m’assimilant, j’ai refoulé une partie de mon héritage. Je fais aujourd’hui marche arrière en prenant bien soin de ramasser un à un tous les indices et de reformer le puzzle de mon histoire, de notre histoire pour mieux la déconstruire.
A propos de Aïcha...
Trois quart Algérienne, un quart Française. Algérienne de sang, Française de sol. Pas tout à fait Française, pas vraiment Algérienne. Pour les descendants d’Algérien.nes, il y a comme une zone d’ombre : une histoire coloniale mise sous silence, une guerre faite "d’événements", des représentations racistes et des inégalités qui perdurent. Intégrée par l’école républicaine, bercée par le mythe national, j’ai joué le jeu de l’intégration. J’ai appris à me fondre, à taire, à oublier. À m’assimiler. Mais ce que l’intégration exige, elle le prend au prix d’un effacement.
Je reviens aujourd’hui sur les traces de mon histoire. Je remonte les fils, je collecte les indices, je recompose le récit, reforme le puzzle de notre histoire commune, pour faire apparaître les angles morts et faire émerger une mémoire à la hauteur de nos héritages. Une mémoire vivante. Politique. Décoloniale.
Extrait de la conférence ICI
Infos pratiques
Où ? au CFS asbl 26 rue de la Victoire, 1060 Saint-Gilles
C’EST GRATUIT ! sans inscription






